31 janvier 2009

Autopsie de la connerie

La revue des ressources : Autopsie de la connerie

S’il fallait une devise à la connerie, celle-ci lui irait à ravir : Un point c’est tout. L’envolée tautologique : « Un voleur est un voleur. » « Les affaires sont les affaires » ; les proverbes : « Trop poli pour être honnête » ; les grandes « vérités » : « Tel père, tel fils », etc., marquent bien cet achèvement. Les choses sont ainsi de toute éternité, pour toujours, à jamais. Le point marque la fin d’une phrase. Mais le c’est-tout affirme qu’après le point il n’y a plus rien, le vide, le néant, la totale vacuité. ‘Un point c’est tout’ [3] désigne que tout l’Être est dans le jugement énoncé et qu’il est alors impossible de rajouter quelque chose. ‘Un point c’est tout’ signifie en d’autres termes : « Taisez-vous ! » j’ai « métaphysiquement » raison. Or cela va de pair le plus souvent avec une certitude suffisante, arrogante, dédaigneuse, méprisante. Le con est un gros-plein-de-satisfaction : « Avez-vous réfléchi quelque fois (…) à toute la sérénité des imbéciles ? La bêtise est quelque chose d’inébranlable, rien ne l’attaque sans se briser contre elle. Elle est de la nature du granit, dure est résistante. » (Flaubert, Lettre à Parain, 6 octobre 1850).
"Les choses sont ainsi de toute éternité, pour toujours, à jamais" : la devise possible du projet de société idéale réactionnaire de notre petit chef.


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